Zoom sur les microbes

Ces microbes qui réhabilitent les sols

 Pseudomonas aeruginosa AgrandissementAgrandissement
© Richard Villemur, INRS- Institut Armand-Frappier

Au cours des dernières décennies, les déversements en provenance des activités industrielles de plusieurs produits chimiques tels que les hydrocarbures pétroliers ou les biphényles polychlorés (BPC) ont engendré un problème de pollution de l'environnement. De plus, certains de ces produits peuvent causer des problèmes de santé.

Il existe dans l'environnement des micro-organismes, bactéries et moisissures, dont les enzymes peuvent briser la structure chimique de ces composés et les réduire en des composés inoffensifs. L’emploi de ces micro-organismes comme alternative biologique aux méthodes conventionnelles de décontamination (par exemple l'incinération) ou d'enfouissement offre une approche prometteuse au traitement de sites contaminés.

Il est possible d’optimiser l’emploi des micro-organismes pour la biodégradation d’hydrocarbures et d’autres contaminants.

Les grandes pétrolières comme Shell Canada font appel à des experts qui caractérisent et traitent biologiquement les sols industriels contaminés afin de les réhabiliter. Selon les normes établies par la Politique de protection des sols du ministère de l’Environnement (critères : A 100 ppm, B 700 ppm, C 3500 ppm), le biotraitement permet de déclasser des sols contenant un maximum de 15 000 ppm (parties par million) d’hydrocarbures pétroliers, de sols contaminés à sols biotraités. Ces sols doivent cependant être utilisés comme sols industriels pour les sites d’enfouissement domestiques par exemple.

À la plate-forme de traitement de Shell Canada à Montréal, les sols contaminés sont aérés de manière à favoriser le développement des micro-organismes (bactéries et champignons) qui s’y trouvent. Naturellement présents dans le sol, ces micro-organismes se nourrissent alors des hydrocarbures. La bactérie Pseudomonas aeruginosa est l’une de ces bactéries indigènes utiles. Si nécessaire, d’autres bactéries ou des moisissures peuvent être inoculées pour accélérer le processus. Dans ce cas, la moisissure Phanerochaete chryssosporium, un champignon microscopique de pourriture blanche, peut être ajoutée. Cette moisissure dégrade naturellement la lignine (une molécule présente dans l’écorce des arbres) à l’aide d’une enzyme non spécifique. Elle peut également dégrader les hydrocarbures récalcitrants.