Zoom sur les microbes

Des plantes génétiquement modifiées pour une agriculture durable?

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© Nicole Catellier, Cinémanima inc.

Il y a dix mille ans, les êtres humains domestiquaient certaines plantes... ce fut le début de l’agriculture. À force de croisements et de sélections, les agriculteurs ont développé une grande variété de plantes aux caractéristiques toutes particulières. Ces dernières, combinées à l’utilisation d’engrais chimiques, herbicides et pesticides, ont contribué à la révolution verte qui débuta à la fin des années 1940. Cependant, toute révolution a ses limites... Celle-ci permettra-t-elle de nourrir des populations sans cesse croissantes ?

L’amélioration des végétaux par l’approche classique souffre d’une limitation majeure : celle de la barrière des espèces. Au plan des gènes, cette barrière n’existe pas. Il est ainsi possible de sélectionner un gène qui détermine une certaine caractéristique chez une espèce donnée et de le transférer vers une autre espèce... Ces espèces peuvent aussi bien être des bactéries, des plantes, des mammifères et même l'être humain. Les manipulations génétiques des plantes nécessitent le transfert des gènes désirés dans le génome végétal puis la régénération de la plante entière à partir de la cellule transformée. Une des pratiques courantes utilise la bactérie du sol Agrobacterium tumefaciens. Cette bactérie transfère naturellement vers les plantes une partie de son patrimoine génétique.

Les plantes transgéniques ont donc un grand potentiel dans le développement d’une agriculture durable. Il reste néanmoins à vérifier si ce potentiel ne cache pas de nouveaux problèmes pour la santé humaine et environnementale.

Quelles sont les applications possibles d’une telle technologie ?
Sous nos climats nordiques où la période sans gel est très courte, le développement de plantes capables de résister au froid permettrait la culture de nouvelles variétés. Il permettrait également d’étendre l’agriculture à certaines régions du Québec jugées, jusqu’à présent, impropres à de telles activités. Quelques degrés de plus représenteraient plusieurs semaines supplémentaires de culture.

Une autre application vise la diminution de l’utilisation d’herbicides et d’insecticides. Par exemple, la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt) produit une protéine qui est toxique pour certaines larves d’insectes qui ravagent plusieurs cultures. Par les manipulations génétiques, les scientifiques ont été capables d’insérer le gène codant de ce pesticide biologique dans des plants de maïs et de pommes de terre. Ces derniers résistent ainsi davantage aux agents ravageurs, ce qui évite l’utilisation abusive de pesticides.