Le point sur la maladie de l'Alzheimer

La maladie de l'AlzheimerAgrandissementAgrandissement
© Joanna Prime

Article publié dans le Courrier Laval le 2 juillet 2006.

A l'heure actuelle, 1 Canadien(ne) sur 13 est atteint de la maladie de l'Alzheimer et d'affections connexes. Ce chiffre est beaucoup plus élevé qu'au siècle dernier et on prévoit encore une hausse de cas dans les années à venir. On ne peut guérir cette maladie mais chacun, individuellement, a la possibilité de retarder son apparition.

La maladie de l'Alzheimer se déclare généralement à partir de 60 ans. Une perte de cellules spécifiques du cerveau et la formation de plaques séniles sont observées dans une région régissant la mémoire. Toutes les cellules de notre corps meurent mais le problème est que les cellules nerveuses ne peuvent être remplacées. « Un individu normal perd 6 % de ses cellules nerveuses tous les 10 ans mais chez ces personnes-là, la perte est plus importante », nous dit Charles Ramassamy, professeur à l'INRS-Institut Armand Frappier. « On a une perte progressive toute notre vie mais quand on atteint une perte de 70, 80 %, là on développe les symptômes » (oubli des événements récents, puis perte d'une forme de réalité, et enfin non reconnaissance des proches).

La recherche contre la maladie de l'Alzheimer a connu peu d'avancées scientifiques après sa découverte il y a bientôt 100 ans. Il a fallu attendre les années 80 pour que l'on découvre un gène impliqué dans cette affection. Depuis plusieurs gènes ont été décrits. D'autres pistes ont permis de développer un traitement symptomatique. C'est déjà bien mais ce n'est pas suffisant. Un traitement curatif serait encore mieux. En 1999, des chercheurs proposaient un vaccin contre cette maladie. Des études cliniques ont rapidement suivi mais ce traitement miraculeux avait des effets secondaires. Les patients mouraient d'une inflammation du cerveau.

Le mieux reste d'agir par prévention. D'autres facteurs comme la pollution industrielle et environnementale, la malnutrition et le cholestérol augmentent les risques de développer cette maladie. « En collaboration avec des chercheurs de l'Institut des Nutraceutiques et des Aliments Fonctionnels de l'Université Laval, on travaille sur l'aspect préventif de la nutrition via les effets des antioxydants contenus dans les fruits et légumes ». Ces aliments, de même que les bleuets, la canneberge, le thé vert, l'ail, la fraise, et particulièrement celle de l'Ile d'Orléans qui contient 10 fois plus d'antioxydants, retardent la mort de ces cellules nerveuses et donc l'apparition des symptômes liés à cette maladie.

Si la science est impuissante face à cette maladie, nous pouvons faire quelque chose en modulant notre quotidien. L'activité physique, l'activité mentale, la nutrition sont autant de facteurs sur lesquels nous pouvons agir.