Mieux comprendre les allergies saisonnières

Atchoum ! Nez qui coule, nez qui pique, larmoiements… Comment de si petites particules de pollen s’y prennent-elles pour causer tant d’émoi chez 15 à 25 % des Canadiens ? Pour comprendre, suivons le chemin d’un grain de pollen.

Qu’est-ce que le pollen ?

Les grains de pollen des végétaux se comparent aux spermatozoïdes des humains : ils se développent dans les étamines, la partie « mâle » des fleurs, et voyagent grâce au vent et aux insectes pollinisateurs vers le pistil, la partie « femelle » d’autres fleurs, pour y germer et produire une graine et un fruit. Le pollen est donc nécessaire à la reproduction des végétaux.

Destination : corps humain

En inspirant l’air, notre nez aspire les particules de pollen en transit. Le pollen ne peut pas traverser les membranes des voies nasales, car il est trop gros. Il a toutefois des messagers : des protéines logées à sa surface. Ces protéines sont libérées dès que le pollen est mis en contact avec une surface humide, comme les muqueuses nasales. Ces protéines clandestines sont suffisamment petites pour diffuser à travers les membranes des voies nasales afin d’entrer dans le corps humain.

Système immunitaire tolérant ou hystérique ?

Les protéines polliniques passent tout à fait incognito chez les individus non allergiques, car le système immunitaire de ces derniers les tolère. Le système immunitaire des personnes allergiques est moins accueillant. Hypersensible, il réagit excessivement et inutilement à la présence de ces voyageurs. Les globules blancs de ces personnes libèrent de l’histamine, une molécule chimique naturelle qui se lie aux récepteurs histaminiques du corps, ce qui déclenche les symptômes des allergies au pollen.

Antihistaminiques et autres agents de la paix

Heureusement, des remèdes existent pour soulager les renifleurs saisonniers. Les plus utilisés sont les médicaments contenant des substances antihistaminiques qui agissent en empêchant l’histamine de se lier aux récepteurs histaminiques. Ils sont toutefois sans effet chez certains individus qui doivent alors recourir à des corticostéroïdes oraux ou nasaux, médicaments anti-inflammatoires qui bloquent la réaction allergique, mais devant être consommés pour de courtes périodes afin d’éviter leurs effets secondaires sérieux. Il existe également une méthode douce et peu coûteuse consistant à se rincer les voies nasales à l’eau salée afin d’évacuer le mucus et les allergènes.

Quels végétaux à quel moment de l’année ?

Le pollen transporté par le vent a plus de chances d’atteindre des victimes sensibles que les grains de pollen plus volumineux des plantes pollinisées par les insectes. Au printemps et au début de l’été, on peut s’attendre à éternuer si l’on est allergique au pollen d’arbres, notamment celui de l’aulne, du bouleau, du chêne, de l’érable, de l’orme et/ou du peuplier. Tout au long de l’été, c’est le pollen des herbacées qui est plus susceptible de nous faire larmoyer alors qu’à la fin de l’été et au début de l’automne, c’est celui de l’herbe à poux.

Un vaccin !

Papiers mouchoirs, douches nasales et comprimés risquent d’être écartés de la vie des individus allergiques d’ici quelques années, car des compagnies pharmaceutiques s’affairent à mettre au point des « vaccins » contre le pollen de certains végétaux. En quelques doses, ces vaccins parviendraient à désensibiliser le système immunitaire à la présence des protéines allergènes jusqu’à le rendre tolérant. Bouleaux et herbe à poux pourraient alors se reproduire sans se faire maudire.

Par Julie Potvin-Barakatt