Prévenons l’Alzheimer au Père Noël

Un biscuit et un verre de lait par foyer, c’est beaucoup trop de calories sucrées en une seule soirée pour Père Noël. Soucieuse de la santé du vieil homme, l’équipe du Musée Armand-Frappier vous suggère de remplacer le biscuit de sa collation par un fruit. En effet, en plus d’éviter le diabète de type 2, une diète moins riche en sucre pourrait, selon de récentes études, diminuer les risques d’être atteint par la maladie d’Alzheimer.

Lorsque nous mangeons un bonbon ou un biscuit, le sucre se retrouve rapidement dans notre sang. L’insuline, une hormone produite par le pancréas découverte il y a 90 ans, contrôle le taux de sucre dans le sang en le stockant sous forme de glycogène dans nos cellules. Notre corps utilise ces réserves lorsqu’il est en baisse d’énergie. Ce qu’on ne savait pas à l’époque et qui est dévoilé depuis peu, c’est que cette hormone joue également un rôle indispensable dans le bon fonctionnement du cerveau.

Le diabète de type 2 survient généralement à l’âge adulte et est associé au surpoids. Imaginez que vous cognez à la porte de quelqu’un qui vous ignore à l’intérieur. Vous cognerez donc de plus en plus fort, jusqu’à ce que vous vous épuisiez et arrêtiez de cogner. C’est par un mécanisme similaire que le diabète de type 2 s’installe chez les individus. L’alimentation très sucrée et calorique oblige le pancréas à produire constamment de grandes quantités d’insuline. En présence permanente de cette hormone, les cellules qui sont censées emmagasiner le sucre cessent de faire leur travail. Le taux de sucre sanguin ne diminue donc pas assez, alors le pancréas s’efforce de produire de plus en plus d’insuline, puis il finit par s’épuiser et à ne plus en produire suffisamment.

La maladie d’Alzheimer serait-elle un « diabète de type 3 »? Possiblement, selon certains chercheurs américains. Des études ont démontré que des quantités insuffisantes d’insuline dans le cerveau de petits mammifères provoquaient la désorientation et la confusion. Dans les zones du cerveau associées à la mémoire de ces animaux, ils ont remarqué la présence de plaques roses et de neurones effrités, des caractéristiques très similaires à la maladie d’Alzheimer chez les humains. Inquiétant, considérant la popularité grandissante des plats préparés et de la restauration rapide, où le sucre ajouté (glucose, fructose et dextrose) est presque omniprésent.

C’est dans l’intérêt de tous que Père Noël soit en santé et ne souffre pas de trouble de mémoire au moment de distribuer ses cadeaux. Bien sûr, comme lui, tout le monde gagne à troquer quelques desserts extra gras et sucrés par autant de fruits super juteux, pour les fêtes et pour toute l’année!

Par Julie Potvin-Barakatt, M.Sc.