Le smog

Article publié dans le Courrier Laval le 23 juillet 2006.

En ces temps où la météo nous accable de chaleur et où le manque de vent se fait ressentir, le smog est là et nous guette. Cette brume nocive, chargée de polluants, est à surveiller de près. Comment contribuer à diminuer le smog ? Que faire en cas de smog ? Voici quelques informations de base et quelques conseils qui devraient nous permettre d'améliorer la qualité de l'air.

Si le smog tient son nom d'une condensation des mots smoke (fumée) et fog (brouillard), le phénomène, lui, provient de l'accumulation de particules fines et d'ozone au niveau du sol. « En plus des véhicules et des industries, les tondeuses à 2 cycles et les souffleurs de feuilles à essence sont également une source de pollution » nous confie Tom Kosatsky, épidémiologiste pour la Direction de santé publique (DSP) de Montréal. La combustion incomplète de l'essence produit beaucoup de particules fines, des oxydes d'azote et des composés organiques volatils, les deux précurseurs d'ozone. Or, ce sont ces particules, de sources locales ou lointaines, et l'ozone naturellement produit lors de journées chaudes et ensoleillées qui sont à l'origine du smog estival. Les effets sur la santé humaine sont graves, plus particulièrement pour les personnes atteintes de maladies pulmonaires chroniques, d'asthme ou de problèmes cardiaques. « Les enfants habitant des régions plus polluées ont plus de risques de connaître une diminution de leur fonctionnement pulmonaire que les enfants habitant des villes avec moins de smog » indique Tom Kosatsky. Un indice de la qualité de l'air (IQA) a donc été mis en place. Basé sur les normes acceptables des différents polluants, il permet de traduire la qualité de l'air. On peut même prédire 24h à l'avance l'apparition du smog et ainsi émettre des avertissements. Il est alors recommandé de diminuer les activités physiques à l'extérieur, surtout pour les personnes les plus vulnérables, car des efforts physiques augmentent l'activité pulmonaire et cardiaque.

Si l'an passé on a dénombré 66 journées durant toute l'année où l'IQA a été dépassé à au moins une station d'échantillonnage sur l'île de Montréal, ces 66 journées n'étaient pas toutes concentrées en été. « Le chauffage au bois contribue sur une base annuelle à 47 % des particules fines de source humaine, les industries 33 % et le transport 17 % pour le Québec » affirme Norman King, de la DSP de Montréal. Ces particules contribuent grandement au smog hivernal.

La mise en place de normes a permis de réglementer les émissions de polluants en modifiant les procédés ou en les captant à la source, mais nos choix individuels peuvent avoir un impact également. En optant pour les transports en commun et le transport actif et en achetant des voitures qui polluent moins, on diminue à la fois l'émission des polluants et des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Le remplacement de souffleurs à feuilles et de tondeuses à gaz par des modèles électriques contribuent également à améliorer la qualité de l'air. En hiver, une diminution du chauffage au bois aura aussi un effet marqué sur la qualité de l'air. Alors, n'oublions pas de réviser nos pratiques en toute saison!