Greffes d'organes

Dr Claude Daniel et son équipeAgrandissementAgrandissement
© Musée Armand-Frappier

Article publié dans le Courrier Laval le 23 avril 2006.

La Semaine nationale des dons d'organes se tiendra cette année, du 24 au 30 avril. Partout au pays, les citoyens seront sensibilisés à l'importance de signer leur carte d'assurance maladie pour autoriser le prélèvement d'organes et de tissus lors de leur décès. On mettra également en valeur le travail des chercheurs qui tentent d'enrayer le rejet de greffes et d'améliorer la qualité de vie des receveurs d'organes.

C'est le cas du Dr Claude Daniel, professeur-chercheur à l'INRS-Institut Armand-Frappier. Le Dr Daniel est responsable d'un des trois laboratoires québécois chargés d'établir la compatibilité entre donneurs et patients en attente d'une greffe d'organe. Le Dr Daniel se consacre aussi à l'étude des mécanismes du rejet de greffes.

Certains de ces mécanismes sont présentement connus et quelques médicaments appelés immunosuppresseurs, dont le plus connu est nommé Cyclosporine, sont utilisés pour supprimer la réponse immunitaire chez les patients qui ont reçu un organe. À court terme, ces médicaments sont très efficaces et permettent un taux de survie de 80 à 95%, selon l'organe greffé, un an après la transplantation. Cependant, ces médicaments diminuent la capacité du système immunitaire à se défendre contre le développement de cancer et contre des infections microbiennes aussi bénignes que celle qui cause le rhume. En outre, ces médicaments n'ont pas beaucoup d'effet sur le rejet chronique, qui survient quelques années après l'intervention chirurgicale. Il faudrait donc pouvoir susciter une tolérance à long terme au greffon tout en maintenant le système immunitaire pleinement compétent.

Pour ce faire, le Dr Daniel s'intéresse à la régulation de la réponse qui mène au rejet de greffe. Lorsqu'un patient vient de recevoir un organe, les cellules du système immunitaire du receveur reconnaissent les cellules du donneur, cette réaction s'appelle l'alloréactivité directe. Cette réponse très vigoureuse est atténuée par les immunosuppresseurs commerciaux. En parallèle, se développe une réponse indirecte où certaines molécules étrangères présentent sur l'organe nouvellement reçu sont dégradées et présentées par les cellules du système immunitaire du receveur. Cette réponse est constante dans le temps et est à l'origine du rejet chronique.

Le Dr Daniel a développé un modèle d'étude unique pour identifier les mécanismes physiologiques spécifiques à l'alloréactivité directe et indirecte. Il s'intéresse plus précisément à définir les interactions entre les cellules du système immunitaire impliquées dans le rejet ainsi qu'aux endroits où ont lieu ces interactions. Avec ces informations, il sera possible de développer des stratégies thérapeutiques mieux ciblées et de diminuer l'incidence du rejet de greffes chronique.

Cet article a été réalisé avec la collaboration du Dr Claude Daniel, professeur-chercheur à l'INRS-Institut Armand-Frappier, dont les recherches sont en partie soutenues par les Instituts de recherche en santé du Canada et la Fondation Roche pour la recherche en transplantation d'organes.