OGM, bons ou pas?

Texte rédigé par Julie Potvin-Barakatt, le 16 juillet 2010.

Au Canada, des organismes génétiquement modifiés (OGM) sont utilisés en santé et en alimentation depuis plus de trente ans. Doit-on s’en alarmer ou s’en réjouir? Voici un bref écrit qui vous donne l’heure juste sur ces organismes controversés.

Cela fait plus de dix mille ans que les vivants de la Terre font l’objet de manipulations par les humains. En domestiquant le bétail pour l’élevage et les plantes pour la culture, l’humanité intervenait déjà à son avantage dans la reproduction des organismes qui l’entoure. Les variétés de tomates telles que nous les connaissons aujourd’hui, les vaches laitières de plus en plus productives, la rose à longue tige et aux pétales parfaits offerte à l’être aimé ; tous ces organismes sont des résultats de longs travaux de croisements accomplis par les humains. Les nouvelles connaissances sur l’ADN et le développement de la technique de transgénèse ont permis d’accélérer le processus depuis les années 70. Plutôt que d’attendre des décennies, voire des siècles, pour que les croisements engendrent au hasard les résultats voulus, il est maintenant possible de sélectionner directement le gène à insérer dans un vivant en l’empruntant à un autre vivant. La technologie permet en plus d’introduire, dans un organisme, un gène provenant d’un organisme d’une autre espèce avec lequel le croisement traditionnel aurait été impossible. Tout un exploit !

OGM : trois lettres à décoder pour se forger une opinion éclairée.

  • Organisme: Du microbe à l’humain, en passant par l’arbre, un organisme est un être vivant.
  • Génétiquement : Fait référence au code génétique que possède un être vivant. Chaque gène est en quelque sorte la « recette » pour fabriquer une partie de l’organisme. Les gènes d’un organisme sont rassemblés bout à bout dans une grande molécule : l’ADN.
  • Modifié : Changement, modification apportée au code génétique d’un organisme, soit la suppression d’un gène ou l’ajout d’un gène provenant d’un autre être vivant.

Quelle en est l’utilité ? Les OGM ont d’abord été conçus pour résoudre des problèmes en santé et en environnement. L’insuline que s’injectent les personnes souffrant du diabète en est un exemple. Depuis 1978, cette hormone est fabriquée par des bactéries dans lesquelles on a inséré le gène qui est responsable de la production naturelle d’insuline chez l’humain. Avant cette date, les diabétiques s’administraient de l’insuline bovine et porcine, mais celle-ci, en plus d’être moins efficace, nécessitait qu’on tue les bêtes pour être extraite. Un autre exemple bénéfique est l’utilisation des OGM dans la lutte contre les insectes nuisibles. On a inséré dans l’ADN du maïs un gène de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt) qui est toxique pour son prédateur : la pyrale du maïs. Ce nouveau maïs ainsi obtenu permet de diminuer l’utilisation des pesticides sur les plantations, lesquels sont souvent de lourds polluants qui persistent dans l’environnement.

D’autres OGM sont souvent plus contestés du point de vue environnemental et éthique. C’est le cas du maïs Roundup Ready, lequel est le seul végétal à résister à l’herbicide du même nom après qu’on ait vaporisé les champs dans lesquels il se trouve. Bien qu’il soit rapidement dégradé dans la plupart des sols, le Roundup peut persister jusqu’à 140 jours dans certains environnements et continuer son action toxique sur les végétaux et certains animaux. Les OGM ont également mauvaise presse lorsqu’on s’attarde à la dissémination de ces derniers par les insectes pollinisateurs ou par le vent. Qu’advient-il de ces OGM en liberté, loin des laboratoires et des scientifiques qui les ont créés ? On craint, entre autres, qu’ils contribuent à l’appauvrissement des variétés naturelles de certaines espèces de végétaux.

Contrairement à la croyance populaire, très peu d’aliments sont des OGM au Canada. Les tablettes des supermarchés ne contiennent ni fruit, ni légume, ni animal génétiquement modifié. Seulement certains produits du maïs, du canola et du soya sont approuvés et commercialisés dans notre pays.

Il est difficile de soumettre tous les OGM au même procès. Notre opinion gagnerait à être nuancée en fonction du type d’OGM et de la raison d’être de chacun.