Les solutions de la chimie

Article publié dans le L'Écho de Laval en novembre 2011.

Un monde sans chimie serait un monde sans ordinateurs, sans télévision, sans radio, sans téléphone et sans papier. Ce serait aussi un monde sans pilule contraceptive, sans médicaments, sans cosmétiques, sans savon ni dentifrice. La chimie propose des solutions aux besoins de tous les jours. On ne peut pas se passer d’elle.

Pourtant, lorsque les médias traitent d’un sujet en chimie, c’est rarement élogieux. Accidents industriels, catastrophes environnementales… la chimie traîne une lourde réputation. L’exemple du DDT l’illustre bien. Ce pesticide, qui était l’allié de choix des agriculteurs pour sa capacité de tuer un grand éventail d’insectes, s’attaquait également (surprise…) à d’autres animaux, particulièrement aux grands prédateurs qui se trouvent au sommet de la chaîne alimentaire. L’utilisation du DDT est maintenant interdite, mais la molécule chimique est encore présente dans l’eau où elle peut persister jusqu’à 150 ans. Ce n’est pas étonnant que de tels faux pas génèrent et entretiennent la méfiance du public à l’égard de la chimie.

Mme Andreea Schmitzer, professeure au département de chimie de l’Université de Montréal, veut renverser les préjugés et mettre en valeur l’apport positif de la chimie dans notre société. Elle rappelle que c’est grâce aux percées de la chimie médicinale que notre espérance de vie a doublé depuis les deux derniers siècles. « Les nouveaux médicaments, les crèmes solaires, les tests sanguins et d’urine, l’imagerie par résonance magnétique nucléaire utilisée comme technique diagnostique, sont développés en permanence par les chimistes », précise-t-elle. En recherche, son équipe et elle s’intéressent au traitement du cancer. « Nous développons des approches et des molécules qui tuent spécifiquement les cellules cancéreuses sans toucher aux cellules saines. » Elle a beau être chimiste, la professeure Schmitzer partage les mêmes préoccupations que nombre de citoyens à l’égard de la préservation de la nature.

La chimie propose des solutions pour améliorer la santé humaine et animale, et aussi, l’environnement. En effet, c’est en partie grâce à la chimie que l’on peut traiter efficacement les eaux usées domestiques et industrielles et ainsi préserver la qualité des cours d’eau. De nos jours, les chimistes du Québec et de partout dans le monde s’intéressent à la chimie verte : la production de réactions chimiques en utilisant moins d’énergie et en laissant moins de substances toxiques. Percées médicales positives et chimie verte parviendront-elles à déloger les taches tenaces dont la chimie est maculée aux yeux du public ?

Par Julie Potvin-Barakatt