Les défis actuels de la tuberculose

Au Canada, le risque de contracter la tuberculose est minime. Pourtant, mondialement, cette maladie occupe le deuxième rang des maladies infectieuses mortelles, derrière le VIH/SIDA. Un des objectifs du millénaire pour le développement de l’Organisation des Nations Unies visait à diminuer de 50 % le nombre de décès par tuberculose entre 1990 et 2015. Cet objectif sera-t-il atteint? Probablement que oui, mais la maladie pose de nouveaux défis.

Qu’est-ce que la tuberculose?

La tuberculose s’acquiert en inhalant des micro-gouttelettes contenant la bactérie Mycobacterium tuberculosis projetées dans l’air lorsqu’une personne infectée tousse. Celle-ci s’installe dans les alvéoles des poumons où soit elle est éliminée par le système immunitaire, soit elle évolue en une infection tuberculeuse latente. Lorsque l’infection devient active, son symptôme le plus caractéristique est la toux avec un mucus épais et opaque, parfois accompagné de sang, pendant plus de deux semaines. Mondialement, une personne sur trois est porteuse de cette bactérie, laquelle restera latente dans 90% des cas.

Traitement difficile

En 2013, le taux de mortalité par tuberculose avait diminué de 45 % par rapport à 1990, ce qui est très encourageant. Environ 95% des décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où les conditions d’hygiène et le système de santé sont déficients. Un traitement adéquat nécessite la prise rigoureuse d’un cocktail d’antibiotiques forts pendant plusieurs mois. L’échec du traitement est fréquent car l’approvisionnement régulier en antibiotiques pose problème dans certains pays, et les effets secondaires du traitement sont si désagréables que des patients abandonnent volontairement le traitement.

De plus en plus résistante

Lorsqu’elle n’est pas traitée adéquatement, la tuberculose risque de devenir résistante aux antibiotiques et de compromettre la réussite du traitement. Parmi tous les cas de tuberculose dans le monde, on estime que 5,3 % présentent la forme multirésistante de la bactérie, c’est-à-dire résistante aux deux antibiotiques les plus utilisés pour guérir la tuberculose, l’isoniazide et la rifampicine. À ces patients, des antibiotiques et médicaments plus puissants doivent être administrés pour vaincre la maladie. Parmi les cas de multirésistance, 5,4 % des individus sont infectés de tuberculose ultrarésistante, cumulant également une résistance à certains antibiotiques et médicaments de deuxième intention. Le diagnostic adéquat de la tuberculose et des formes de résistance en vue de prescrire les bons médicaments constitue un défi de taille dans certains pays où les ressources sont limitées.

Qu’en est-il au Canada?

Avant l’arrivée du vaccin BCG et des antibiotiques, un décès sur 13 était causé par une infection à la tuberculose au pays. En ce moment, moins de cinq Canadiens sur 100 000 sont atteints de la maladie et le taux de mortalité annuel est près de zéro. La maladie affecte principalement les citoyens nés à l’étranger et les autochtones nés au Canada. Les actions pour lutter contre la tuberculose au Canada visent à s’attaquer aux déterminants de la santé associés à la tuberculose, qui sont les mêmes partout dans le monde, soit le niveau de scolarité, l’emploi, l’environnement physique, le soutien social, l’accès aux soins de santé, les habitudes de santé personnelles et la culture.

Par Julie Potvin-Barakatt, M.Sc.