Ebola : un traitement en vue

Le virus Ebola, responsable de la récente épidémie de fièvre hémorragique extrêmement dangereuse et contagieuse en Afrique de l’Ouest, pourrait bientôt se frotter à un traitement. Le Docteur Gary Kobinger, chef de la recherche sur les pathogènes spéciaux au Laboratoire national de microbiologie, nous explique sa stratégie pour contrer ce virus.

Le plus agressif de tous

De tous les virus s’attaquant aux humains, Ebola est le plus agressif. Il se transmet aux humains à partir d’animaux sauvages, puis se propage entre humains après un contact étroit avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques de personnes infectées. Il provoque l’apparition brutale de fièvre, une faiblesse intense, des douleurs musculaires, des maux de tête et une irritation de la gorge, suivi de vomissements, de diarrhées, d’une éruption cutanée, d’une insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, d’hémorragies internes et externes. Jusqu’à 90 % des personnes infectées en meurent, et il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement spécifique contre la maladie.

Faire ralentir le virus

L’équipe du Docteur Kobinger travaille depuis huit ans à l’élaboration d’un traitement spécifique contre l’infection au virus Ebola. En partenariat avec des chercheurs États-Uniens, son équipe a identifié trois anticorps monoclonaux qui s’attachent à différentes régions du virus et qui ralentissent sa réplication. « L’individu infecté qui reçoit ces anticorps a donc le temps de développer une réponse immunitaire contre le virus avant que celui-ci ne cause son décès » explique le Docteur Kobinger, également professeur auxiliaire au département de microbiologie médicale à l’Université du Manitoba. Le traitement, qui est présentement aux dernières étapes des études précliniques, pourrait éventuellement être adapté pour traiter d’autres infections virales.

Médicaments du futur?

Les anticorps sont des protéines en forme de « Y » produites par votre système immunitaire en réponse aux intrusions de bactéries, de virus ou d’autres parasites, pour les marquer, puis les détruire. Un anticorps monoclonal est un anticorps qui a été fabriqué en laboratoire par une seule et même cellule, clonée en plusieurs milliers de cellules identiques et produisant toujours le même anticorps. D’après le Docteur Kobinger, nous pourrions assister à l’explosion des traitements aux anticorps monoclonaux dans les prochaines décennies. Cette technologie pour lutter contre les infections virales pourrait être aussi importante que l’a été l’avènement des antibiotiques dans les années 1920 pour lutter contre les infections bactériennes.

Par Julie Potvin-Barakatt, M.Sc.