Clostridium difficile

C. difficile fait les manchettesAgrandissementAgrandissement
© Robert Alain, SME, INRS-Institut Armand-Frappier

Article publié dans le Courrier Laval, le 16 avril 2006.

C. difficile a fait les manchettes à plusieurs reprises ces dernières années. Heureusement, le taux d'incidence de la maladie qu'elle cause est à la baisse. À Laval par exemple, on comptait 25.7 cas sur 10 000 jours de présence en centre hospitalier en septembre 2004 et cette donnée n'était plus que de 13.7 en février 2006 !

C. difficile
Cette bactérie fait partie de la flore normale de l'humain. On la retrouve parmi les bactéries du gros intestin de 60% des nouveaux nés et d'environ 5% des adultes.

C. difficile a la forme d'un bâtonnet, appelé bacille, et contient une spore de forme sphérique. La spore peut résister à presque tout ce qui est fatal à la bactérie comme les variations de température, l'oxygène et les agents désinfectants utilisés pour le nettoyage routinier. Une fois la spore de retour dans un milieu favorable, comme le gros intestin, elle redonne « naissance » à la bactérie.

Transmission
La majorité des diarrhées associées à C.difficile apparaissent de 48 heures à 10 semaines après la prise d'antibiotiques prescrits en soins ambulatoires ou hospitaliers. La bactérie a alors été contractée lors du séjour à l'hôpital, par voie fécale-orale, ou encore le patient en était déjà porteur et la prise d'antibiotique a rompu l'équilibre entre les différentes bactéries de l'intestin et C. difficile a pris le dessus.

Symptômes
En général, la diarrhée est abondante, un patient ira à la selle jusqu'à 20 fois par jour, et malodorante. Certains patients auront une infection tellement sévère qu'il n'y aura pas de diarrhée, mais des douleurs abdominales aigües, une forte fièvre et un compte de globules blancs très élevé. Selon la gravité des cas, différents traitements seront à prévoir, dont la prise des antibiotiques Métronidazole ou Vancomycine.

Prévention
À la Cité de la Santé de Laval, on a mis en place une série de mesures visant à réduire l'incidence de la maladie. Lorsqu'un cas est diagnostiqué, on procède à la désinfection de la chambre du patient avec une concentration d'eau de javel - eau de 1 dans 20 pour s'assurer de détruire les spores de la bactérie. Le patient est relocalisé dans une unité d'isolement où le matériel est dédié, c'est-à-dire que des instruments comme le stéthoscope sont assignés à chaque chambre et n'en sortent pas. Les employés de l'unité sont aussi spécialement formés et les visiteurs doivent porter des gants et une blouse et se laver les mains.

La Dre Tuyen Nguyen, microbiologiste et présidente du Comité des infections à la Cité de la Santé de Laval, que nous remercions pour sa contribution à la rédaction de cet article, insiste sur l'importance pour les visiteurs de se laver les mains dès leur arrivée à l'hôpital afin de protéger les patients. Des distributeurs de gel à base d'alcool sont installés près de tous les ascenseurs, à l'urgence, aux cliniques externes et aux différents étages. Ce gel est efficace pour éliminer plusieurs bactéries et virus comme celui de la grippe. En outre, pour bien éliminer les spores de C. difficile, en quittant le centre hospitalier, il faut se laver les mains avec de l'eau et du savon, surtout après avoir visité des patients souffrant de diarrhée.