Atchoum! Mais, rhume ou grippe?

Le Dr Talbot et son équipeAgrandissementAgrandissement
© Robert Alain, SME, INRS-Institut Armand-Frappier et Joanna Prime

Article publié dans le Courrier Laval, le 29 octobre 2006.

Voici revenu la période des maux de tête et du nez qui coule. La saison contagieuse des rhumes et des grippes revient. Depuis le SRAS et l'évocation d'une éventuelle pandémie de grippe aviaire, ces maladies sont devenues préoccupantes. Mais, qu'en est-il vraiment ?

La grippe tue chaque année 4 000 à 8 000 canadiens selon l'Agence de santé publique du Canada. Les responsables : les virus Influenza. Il en existe trois types. Les virus Influenza de type B provoquent des épidémies localisées. Les virus de type A sont responsables des pandémies, épidémies à échelle planétaire. Le type C définit des virus bénins. Si l'on regarde de plus près, on s'aperçoit que ces virus Influenza possèdent huit sections d'ADN, dont H et N. Tous ces segments peuvent subir des mutations, se mélanger et créer une multitude de virus différents, tel le virus de la grippe aviaire (ou H5N1). De tels changements trompent la vigilance de notre système immunitaire, ce qui permet au virus de nous attaquer tous les ans. C'est pourquoi la vaccination se renouvelle annuellement.

La grippe est aussi responsable de nombreux décès au siècle dernier. La grippe espagnole de 1918 a anéanti environ 30 millions de personnes, la grippe asiatique de 1957, 4 millions et celle de Hong Kong en 1968, 2 millions. Selon Santé Canada, « il serait bon que les familles canadiennes prennent dès maintenant de simples mesures pour mieux réagir à une pandémie de grippe ». Car la chronicité de ces pandémies de grippes nous indique qu'une nouvelle est à craindre sans pouvoir prédire quand. Les précédentes étant toutes originaires de l'Asie du Sud-est, le nouveau foyer épidémique est suspecté provenir de cette région ; les oiseaux sauvages se chargeant de la propagation lors de leurs migrations.

La dernière pandémie, le SRAS ou syndrome respiratoire aigu sévère, a permis de sensibiliser l'opinion publique sur le comportement à avoir en de telles circonstances. Cette maladie est provoquée par le coronavirus, famille de virus responsable d'un tiers des rhumes. « Les gens sont maintenant conscients du mode de propagation de ces virus et de la protection » nous dit Pierre Talbot, chercheur sur le coronavirus à l'INRS-Institut Armand Frappier. Certaines personnes portent des masques en transport en commun lorsqu'elles sont malades et aussi quand ils vont dans les hôpitaux. Si les coronavirus sont beaucoup plus stables que les virus Influenza, ils ne sont pas bénins pour autant. « Les patients atteints de sclérose en plaques ont des lymphocytes T qui reconnaissent à la fois le coronavirus et les protéines de la myéline. » Ce phénomène serait dû à une similitude structurelle de protéines entre ces deux éléments. Le coronavirus, présent dans le cerveau humain, pourrait être l'élément déclencheur de maladies neurologiques chez des personnes prédisposées.

Il n'existe pas de vaccin contre le rhume, mais le vaccin annuel contre la grippe sera disponible à partir du 1er novembre, assez tôt pour se protéger du pic grippal ayant lieu à la mi-décembre ou plus tard.