Probiotiques, appellation santé ou marketing ?

Les probiotiques sont à la mode et les entreprises en alimentation l’ont bien compris. On retrouve de ces lucratifs micro-organismes dans des yogourts, des fromages, des jus de fruits, des gélules, des produits fermentés, du chocolat, des céréales et même des biscuits. A-t-on raison d’y adhérer à tout prix?

Mathieu Millette, directeur de la recherche fondamentale chez Bio-K Plus International, appelle à la méfiance. Il explique que le fait qu’un produit contienne des probiotiques n’est pas automatiquement synonyme de bénéfice pour la santé du consommateur. « Lorsque les souches probiotiques sont contenues dans des aliments et que ceux-ci stagnent sur les tablettes du supermarché, le manufacturier doit être en mesure de garantir la viabilité des micro-organismes jusqu’au moment où ils seront ingérés. Il faut également démontrer que l’aliment contenant les probiotiques soit un véhicule optimal permettant aux bactéries de survivre au rude processus de digestion du corps afin de se rendre là où ils exercent leur effet, dans les intestins. »

En Europe, depuis le 14 décembre 2012, aucun produit contenant des micro-organismes vivants ne peut mentionner le mot « probiotique » sur l’étiquette ou l’emballage. En effet, au cours des dernières années, les entreprises qui commercialisent ces produits dans le vieux continent ont toutes échoué à fournir des preuves d’efficacité auprès de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). En absence de bien-fondé scientifique, l’EFSA interdit aux entreprises d’utiliser cette appellation qui suggère qu’un produit a un effet bénéfique pour la santé.

Si le Canada décide de réguler l’appellation « probiotique » aussi sévèrement que l’EFSA l’a fait en Europe, l’entreprise Bio-K Plus International est bien positionnée pour prouver l’efficacité de ses produits. L’entreprise lavalloise a d’ailleurs accompli une première mondiale le 16 janvier 2013, alors que Santé Canada a approuvé sa formule de probiotiques exclusive et brevetée Bio-K+MD pour réduire les risques d’infection à Clostridium difficile et de diarrhées associées à la prise d’antibiotiques chez les patients hospitalisés. À l’hôpital Pierre-Le-Gardeur, le docteur Pierre-Jean Maziade, microbiologiste et infectiologue, explique que pendant neuf (9) années, plus de 40 000 patients ont reçu Bio-K+MD et cet hôpital a maintenu « l’un des plus faibles taux de C. difficile dans la province de Québec ».Ce produit est non seulement disponible dans les hôpitaux et les pharmacies sous forme de capsules entérosolubles, mais également en breuvages frais à boire dans les supermarchés et les magasins d’aliments naturels.

Rappelons que les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui, lorsque consommés en concentration suffisante, démontrent un effet bénéfique sur la santé. Au Canada, la réglementation sur l’étiquetage des probiotiques accepte certaines allégations générales relativement à la santé, mais n’oblige pas les entreprises à fournir des preuves d’efficacité démontrées scientifiquement.

Par Julie Potvin-Barakatt, M.Sc.